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SUMMARY:[CANCELLED] – LES SIECLES – MIGROS CLASSICS 3/4
DESCRIPTION:MIGROS CLASSICS ( https://www.migros-kulturprozent-classics.ch/fr/interpretes/orchestres/les-siecles )\nSAINT-SAËNS, Symphonie n°3 “avec orgue” en ut mineur, op.78\nMOUSSORGSKY/ RAVEL, Les Tableaux d’une exposition\nDaniel Roth, orgue\nFrançois-Xavier ROTH, conductor\nLes Siècles\n\n\nLa France et la symphonie: une relation qui n’était guère facile au XIXe siècle! A Paris, les compositeurs ont eu du mal à gérer l’héritage de Beethoven, préférant se concentrer sur les œuvres à programme, à l’instar de Berlioz avec sa Symphonie fantastique. L’un des rares musiciens à avoir contré cette tendance est Camille Saint-Saëns. Après trois symphonies de jeunesse, il a composé en 1885 sa Symphonie en ut mineur, sur commande de la célèbre Royal Philharmonic Society londonienne. L’œuvre intègre de manière fascinante des éléments à la fois traditionnels et innovateurs. L’habituelle suite de quatre mouvements est certes conservée, mais son traitement est très personnel. Saint-Saëns a réuni les mouvements par paires, Allegro/Adagio et Scherzo/Finale, pour en faire des unités plus grandes. Cet agencement est dicté par le thème principal de l’Allegro, qui se répand dans tous les autres mouvements. Dérivé du Dies Irae grégorien, ce motif perd son caractère inquiétant à mesure que la symphonie progresse. Le premier essai, qui mène jusqu’à la fin de l’Adagio, n’est pas encore tout à fait réussi. Ce n’est qu’à la deuxième tentative, sur le chemin menant du Scherzo au Finale, que ce thème change de caractère et devient un choral festif. L’emploi d’un orgue – une première dans un orchestre symphonique – soutient ce processus au niveau de la couleur sonore. Saint-Saëns s’est aussi librement inspiré de Franz Liszt pour ce concept esthétique inhabituel: la symphonie est dédiée à la mémoire du modèle hongrois, décédé peu après la création de cette Symphonie «avec orgue» à Londres.\n\nModeste Moussorgski était un autodidacte de génie qui a consacré l’essentiel de son énergie créatrice au répertoire vocal. Nulle trace des Tableaux d’une exposition dans son maigre catalogue d’œuvres symphoniques et pour cause: c’est au seul piano que le compositeur russe a dédié cette suite de dix pièces inspirées par des aquarelles, des dessins et autres esquisses littéraires de Viktor Hartmann. Une très forte amitié liait Moussorgski à cet architecte d’ascendance allemande, décédé peu avant son quarantième anniversaire. Dévasté par ce décès prématuré, Moussorgski n’a trouvé de réconfort qu’après avoir visité la rétrospective posthume consacrée à Hartmann à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. Cette exposition présentait quelque quatre cents dessins et aquarelles, pour la plupart produits par l’artiste durant ses voyages en Europe. Au cours de l’été 1874, Moussorgski a rendu hommage à son ami à travers un cycle pour piano qu’il a conçu en l’espace de quelques jours. Imaginée comme la visite de l’exposition de son ami, l’œuvre est rythmée par ses propres pas (illustrés par la Promenade qui ponctue les pièces). La plupart des tableaux de Hartmann ayant disparu, il est difficile de les identifier avec exactitude à travers les pages de Moussorgski. Le compositeur est d’ailleurs souvent parti de détails insignifiants, voire de tableaux exclus de la rétrospective, pour brosser une grande fresque psychologique dépassant l’anecdote picturale pour correspondre aux fascinations personnelles du musicien, notamment son obsession de la mort. L’œuvre originale pour piano a été publiée en 1886, cinq ans après la mort de Moussorgski. La version orchestrée par Ravel en 1922 – de loin la plus célèbre des transcriptions posthumes – est le fruit d’une commande du chef d’orchestre Serge Koussevitzky.\n\n\n
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